Generic selectors
Exact matches only
Search in title
Search in content
Post Type Selectors
Logo Permanant Header

Pourquoi se former à la permaculture aujourd’hui ?

Se former à la permaculture aujourd'hui c'est comprendre et concevoir avec le vivant

Se former à la permaculture pour trouver une prise quand tout s’effrite

Il y a des semaines où tout semble converger. Des tracteurs en travers d’une autoroute, des négociations qui patinent quelque part en Europe, encore un épisode climatique extrême. Et cette question qui revient, lancinante : qu’est-ce que je peux faire, moi ?

Ce que je vois ces derniers temps me glace : des États qui piétinent les règles qu’ils ont eux-mêmes écrites, des principes fondamentaux balayés comme des formalités gênantes. Quelque chose se fissure en profondeur.

Dans une vie antérieure, j’ai été juriste en droit international, puis procureur aux Nations Unies. On m’appelait « le pompier » — celle qu’on allait chercher quand tout brûlait. L’adrénaline, le sentiment d’utilité : j’aimais ça. Et puis un jour, j’ai levé la tête. C’est alors que j’ai réalisé que je passais ma vie à courir après des flammes sans jamais me demander pourquoi ça prenait feu. Que je colmatais des brèches dans des systèmes fondamentalement fragiles.

J’ai voulu comprendre. C’est là que j’ai rencontré la permaculture et sa systémique profonde.

Bien plus que des buttes et des potagers

Quand je prononce ce mot, je vois souvent le même sourire poli. Les gens pensent aux buttes, aux mares, aux potagers en lasagnes. Bref, aux bobos qui font pousser des tomates sur leur balcon. C’est normal : ce sont les images qui circulent, celles qui passent bien sur les réseaux. Alors pourquoi se former à la permaculture si c’est juste ça ?

Parce que justement, ça, ce n’est qu’une toute petite partie de l’histoire.

Bill Mollison et David Holmgren, quand ils ont nommé le concept dans les années 1970, parlaient de permanent culture — pas juste de permanent agriculture. Autrement dit, ils rêvaient d’une culture humaine capable de durer, de se régénérer, de fonctionner avec la nature plutôt que contre elle. D’ailleurs, leurs écrits consacrent de nombreuses pages aux structures économiques, à l’habitat, à l’énergie, aux organisations humaines en plus des techniques de jardinage.

Ce qui s’est passé ensuite, c’est que le concept a été diffusé en Europe principalement à travers le jardinage. Une spirale aromatique, c’est plus facile à photographier qu’un système de gouvernance partagée. Du coup, la dimension sociale est passée au second plan. Quand on parle aujourd’hui de « permaculture humaine », certains croient qu’on invente quelque chose. En réalité, on redécouvre ce qui était là depuis le début.

Apprendre à penser en système

Ce que la permaculture m’a appris, ce n’est pas d’abord à planter des choux. Elle m’a appris à observer avant d’agir. À voir les connexions là où je ne voyais que des éléments séparés. À comprendre qu’un problème n’existe jamais seul — il fait partie d’un système, et c’est souvent le système qu’il faut repenser, pas juste le symptôme qu’il faut traiter.

Prenez ces agriculteurs en colère sur l’autoroute. On peut voir ça comme un problème de circulation. Ou on peut tirer le fil : les accords commerciaux, la course au moins-disant, la fragilisation des exploitations, l’impossibilité de vivre de son travail, la colère qui déborde. Tout est lié.

La permaculture ne prétend pas résoudre tout ça d’un coup de baguette magique. Mais elle offre une grille de lecture. Elle apprend à penser en système, à identifier les leviers, à concevoir des interventions qui créent des cercles vertueux plutôt que des effets secondaires imprévus.

Se regarder soi-même comme un écosystème

Il y a aussi quelque chose de plus intime. La permaculture invite à se regarder soi-même comme un écosystème. Quelles sont mes ressources ? Mes limites ? Qu’est-ce qui me nourrit, qu’est-ce qui m’épuise ? Comment cultiver ma propre résilience pour traverser ce qui s’annonce ?

Ce n’est pas du développement personnel au rabais. C’est une vraie question, que beaucoup se posent sans trouver de cadre pour y répondre. La permaculture en propose un — pas le seul, mais un qui a le mérite de relier l’intime et le collectif, le jardin et la société, l’action locale et la vision globale.

À qui ça parle ?

Honnêtement, à presque tout le monde. D’abord aux citoyens qui sentent que quelque chose ne tourne plus rond et veulent retrouver une prise sur leur vie. Cela concerne aussi les porteurs de projets collectifs — habitat groupé, tiers-lieu, coopérative — qui cherchent à structurer leurs rêves sans partir dans tous les sens. Les travailleurs sociaux, enseignants et facilitateurs y trouvent une approche systémique dont ils ont besoin. Quant aux élus et urbanistes, ils découvrent des outils pour rendre leur territoire plus robuste.

Mais ça commence toujours à l’échelle individuelle.

Faire sa part

Changer le monde ? Cette idée me fait même un peu peur — elle sent la prétention, les grands discours qui tournent à vide. Je pense plutôt au colibri de Pierre Rabhi. La forêt brûle, tous les animaux fuient, sauf ce petit oiseau qui fait des allers-retours avec quelques gouttes d’eau dans son bec. « Tu crois vraiment éteindre l’incendie avec ça ? » lui demande le tatou. Et le colibri répond : « Non, mais je fais ma part. »

Former les gens à la permaculture, c’est ma part à moi.

C’est vrai, je n’ai pas de solution miracle. Mais j’ai des outils, une méthode, des clés qui m’ont aidée à trouver ma place. Et je crois que les partager peut servir à quelque chose. Chaque personne qui apprend à observer autrement, à concevoir autrement, à agir autrement devient un maillon. Les maillons font des chaînes. Les chaînes font des réseaux. Et peu à peu, ce qui semblait marginal commence à infuser.

La permaculture donne quelque chose de rare : un endroit où poser les mains et commencer à construire, à son échelle, avec ses moyens. Pas dans l’illusion de tout réparer — dans la conviction que créer des espaces qui tiennent, qui nourrissent, qui régénèrent, ça compte. Que ça essaime. Que ça trace un chemin.

Le colibri ne calcule pas ses chances. Il vole.

———

Envie de vous former à la permaculture? Je propose des formations tout au long de l’année — de l’initiation d’une journée au parcours complet de design. Pas pour convertir qui que ce soit. Juste pour partager ce qui m’a aidée. Tout est sur lesmarguerites-perma.design.

Et si vous n’êtes pas encore prêt·e, commencez par observer. Votre jardin, votre quartier, votre façon de fonctionner. C’est le premier principe : observer avant d’agir. Le reste vient après.

À découvrir aussi…

Les derniers articles

Restons en contact